
Congrès international francophone sur l’agression sexuelle – CIFAS 2026
15 juin 2026 · 8h00 – 18 juin 2026 · 19h30
Du 15 au 18 juin 2026, se déroulera le Congrès international francophone sur l’agression sexuelle, Alexandre Ledrait (PU, LPCN, Université de Caen Normandie) et Astrid Hirschelmann (PU, LPCN, Université de Caen Normandie) interviendront lors de cet évènement.
Organisateur :
Congrès international francophone sur l’agression sexuelle (CIFAS)
Le colloque de l’association face à l’inceste
Le RIMAS – Regroupement des intervenants en matière d’agression sexuelle, le CRIPCAS – Centre de recherche interdisciplinaire sur les problèmes conjugaux et les agressions sexuelles et l’INPLPP – Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, présentent l’édition 2026 du Congrès international francophone sur l’agression sexuelle (CIFAS) à l’occasion du 25e anniversaire du CIFAS. Cet événement biennal réunit des chercheurs, professionnels de terrain, cliniciens, intervenants sociaux et décideurs francophones afin de partager les avancées scientifiques et les pratiques innovantes en matière de compréhension, de prévention et de prise en charge des violences sexuelles. Le thème de l’édition 2026 est « Comprendre et agir ensemble : des regards du passé aux innovations de demain », mettant l’accent sur l’approche multidisciplinaire et la collaboration internationale. Le congrès constitue également un espace privilégié d’échanges entre les communautés scientifiques et professionnelles de plusieurs pays francophones, notamment le Canada, la Belgique, la France et la Suisse, autour des enjeux actuels liés aux violences sexuelles. Les personnes participantes sont attendues du 15 au 18 juin 2026 au Centre Mont-Royal, à Montréal.
Des membres du LPCN seront présents lors de cet évènement
Astrid Hirschelmann est professeure de psychologie clinique et psychopathologie au LPCN. Ses recherches portent sur de nouveaux outils méthodologiques et thérapeutiques qui tendent à promouvoir la santé mentale dans les institutions fermées et à destination de publics vulnérables. Elle coordonne le programme de recherche Dynamique Familiale au LPCN.

Sa doctorante, Camille Cagnot, présentera leurs travaux de recherche, le 17 juin à 17h, lors de la session « présentations étudiantes par affiche ou capsules vidéo« , sa présentation s’intitule :
Une aide à 4 pattes : une étude exploratoire pluridisciplinaire autour des chiens d’assistance judiciaire
Camille Cagnot, Anne-Sophie Darmaillacq, Astrid Hirschelmann
Depuis les années 2000, les chiens d’assistance judiciaire (CAJ) accompagnent les victimes lors des procédures pénales, principalement les mineurs auditionnés dans des affaires à caractère sexuel. Aucune étude n’a encore examiné conjointement le mineur, l’enquêteur et le chien. Ce projet innovant propose alors une analyse intégrée de ces trois dimensions.
Cinq auditions de mineurs (M=14ans), portant sur des affaires en cours, ont été observées sur deux sites. Le niveau d’anxiété des enquêteurs (N=3) est évalué avant et après audition (STAI-Y). Les comportements non verbaux des mineurs (désengagement, anxiété, interactions) et ceux des chiens (N=2) (stress, posture, interactions) sont analysés pendant quatre phases du protocole NICHD : pré-déclaratif, déclaratif, pause, clôture.
Les résultats préliminaires suggèrent une augmentation de la durée et des occurrences des comportements des mineurs dirigés vers le chien durant la pause (χ²3,p<0,05) et une diminution non significative de leurs comportements anxieux. Le positionnement spatial du mineur dans la salle influence la fréquence de ses contacts avec le chien. Les chiens présentent davantage de mouvements (χ²3,p<0,01) et d’interactions avec l’humain (χ²3,p=0,059) durant la pause. Aucune modification significative de l’anxiété des enquêteurs n’est observée avant et après audition.
La pause semble être une phase de l’audition clé dans le lien mineur-chien et leur bien-être. Elle ouvre également sur le rôle transitionnel du chien mais aussi sur l’importance d’optimiser les pratiques et l’inclusion du chien dans le protocole. L’augmentation de l’échantillon permettra d’affiner ces dynamiques et d’appréhender la question du bien-être de l’animal et son implication dans les interactions mineur-chien.

Alexandre Ledrait est professeur d’université en psychopathologie clinique au LPCN. Il est spécialisé dans les conséquences psychotraumatiques des traumatismes relationnels précoces, notamment chez les enfants d’âge préscolaire et dans les mécanismes psychologiques sous-jacents aux actes de violence. Il est impliqué dans le programme de recherche Dynamique Familiale.
Il va réaliser le jeudi 18 juin à 9h40, une communication orale intitulée :
« Du sexuel impossible à la vengeance masculiniste : profil criminologique et psychopathologique d’un jeune INCEL
Alexandre Ledrait
Contexte : Réalisant des recherches sur le profil psychopathologique des adolescents en prise avec l’idéologie INCEL et mandaté pour réaliser une expertise pénale près la Cour d’Appel de Paris du premier projet d’attentat masculiniste, ces travaux ont ouvert une réflexion sur la place du vécu traumatique infantile, des expériences d’harcèlement et d’humiliations scolaires qui, par leurs contenus liés à la sexualité, sont vécus comme de véritables traumatismes comparables à une intrusion sexuelle. Ces expériences et l’impossibilité d’avoir accès à une sexualité génitalisée à l’adolescence confronte le sujet à une position passive-féminine et de passivation inélaborable car menaçant l’intégrité narcissique le poussant au passage à l’acte meurtrier.
Objectif : Cette étude vise à explorer les dimensions psychologiques et criminologiques de l’engagement d’adolescents dans le terrorisme masculiniste en vue d’améliorer l’évaluation spécifique de ces derniers.
Méthode : Examens psychologiques dans le cadre d’expertises pénales pour l’anti-terrorisme.
Résultats : Les parcours de vie étudiés montrent la présence de facteurs socio-économiques défavorables, une marginalisation, le statut de bouc émissaire et une absence de relations sociales ou affectives. Des expériences traumatiques de violences physiques par une figure masculine et un climat incestuel entrainent une nécessité d’adopter un positionnement viriliste et masculiniste. L’impossible accès aux femmes les confrontent aux traumatismes infantiles subis qui trouvent corps dans l’idéologie INCEL exacerbant des tendances criminogènes, incluant féminicides, antisémitisme et dérives pédophiles avec l’implication de mineures dans des pratiques de stalking ou de sextorsion. De cette souffrance, deux issues se dessinent : la tuerie de masse dirigée contre les femmes ou le suicide.
