
21èmes Journées scientifiques du GREPACO
28 mai 2026 · 8h30 – 29 mai 2026 · 18h00
Les 21èmes Journées scientifiques du Groupe de Réflexion en Psychopathologie Cognitive (GREPACO) se tiendront les 28 et 29 mai 2026 à l’Université de Genève. Plusieurs membres du LPCN interviendront lors de cet évènement.
Organisateur :
Groupe de réflexion en psychopathologie cognitive (GREPACO)
Le Groupe de Réflexion en Psychopathologie Cognitive (GREPACO)
Le GREPACO est un réseau international francophone (Belgique, France, Suisse) fédérant les enseignants-chercheurs et enseignantes-chercheuses ainsi que les praticiens et praticiennes. La psychopathologie cognitive est un champ récent en psychologie qui intègre plusieurs disciplines comme la psychologie clinique, cognitive, développementale, la neuropsychologie et la psychologie sociale. Son but est de mieux comprendre les dysfonctionnements humains dans divers contextes. Son congrès scientifique a lieu annuellement, cette année il se déroulement du 28 au 29 mai à Genève. L’édition 2026 aura pour thème la « Cognition sociale et psychopathologie à l’ère du numérique ». Cet événement réunit des chercheurs, des cliniciens et des étudiants afin de favoriser le dialogue entre recherche fondamentale et pratique clinique. Le programme s’articule autour de conférences plénières, de symposiums et de présentations de travaux récents, avec pour objectif de mieux comprendre les mécanismes cognitifs impliqués dans les troubles psychopathologiques et leurs évolutions contemporaines.
Des membres du LPCN liés au programme Addiction seront présents

Ludivine Ritz est enseignante-chercheuse HDR au LPCN, ses recherches portent sur la neuropsychologie, les addictions, les fonctions exécutives et les neurosciences cognitives. Elle est impliquée dans le programme de recherche Addiction. Elle travaille actuellement sur un nouveau projet de recherche sur la drunkorexie : le projet DREMA.
Elle participera au symposium du jeudi 28 mai à 13h30 et réalisera une communication orale :
La drunkorexie chez les étudiants: hétérogénéité des profils, mécanismes cognitifs et enjeux cliniques
La drunkorexie, ou food and alcohol disturbance (FAD), désigne l’articulation fonctionnelle entre restriction alimentaire et consommation d’alcool, particulièrement prévalente dans la population étudiante. La drunkorexie soulève des questions concernant son statut nosographique, ses déterminants cognitifs et ses implications cliniques. Ce symposium propose une approche intégrative de la drunkorexie, articulant données cliniques, longitudinales et expérimentales.
La première communication, «La drunkorexie, un nouveau trouble?» (Maurane Sauvaget & Sabrina Julien Sweerts, Université de Reims), examinera la question de son statut: entité spécifique, co-occurrence anorexie/binge drinking, ou variation d’un pattern classique de binge drinking. À partir d’une étude en ligne (N=241) par auto-questionnaires, les fonctions/motivations de la drunkorexie et ses liens avec l’insatisfaction corporelle seront discutés.
La deuxième communication, « Prise de décision dans la drunkorexie» (Maurage et al., UCLouvain) portera sur les modifications de prise de décision associées à la drunkorexie en milieu étudiant (N=90), explorées via l’Iowa Gambling Task. Nous montrerons que la drunkorexie n’est pas liée à un déficit global de prise de décision, mais que le sous-profil «enhancement» (restriction alimentaire visant à majorer l’ivresse) présente des altérations décisionnelles, contrairement au profil «compensation». Ces résultats plaident pour une approche différenciée des profils de drunkorexie et de leurs corrélats cognitifs.
La troisième intervention, «Dynamique longitudinale entre comportements de drunkorexie et profils cognitifs chez les étudiants» (Ritz et al., Université Caen Normandie), analysera les relations bidirectionnelles/longitudinales entre comportements drunkorexiques et fonctionnement cognitif chez 148 étudiants, et en particulier les trajectoires différenciées selon les motivations («enhancement» vs «compensation») et les liens spécifiques avec les fonctions exécutives et la mémoire épisodique.
Marie-Amélie Dupont et Charlotte Montcharmont sont ingénieures d’études au LPCN, elles sont impliquées sur le programme de recherche Addiction, sur le volet 2 et 3 du projet ADUC et sur le nouveau projet de recherche émergeant ALCOSIM.
Le vendredi 29 mai à 12h, elles présenteront un poster intitulé :

Évaluation d’un programme de prévention du binge drinking chez les étudiants : L’essai contrôlé randomisé ALCO-NIM (Alcool, Normes, Identité et Motivations).
L’émergence de nouvelles pratiques problématiques d’alcool chez les jeunes exige des stratégies de prévention adaptées. L’étude ALCO-NIM est constituée d’un essai contrôlé randomisé incluant un entretien motivationnel dans tous les groupes, avec l’ajout d’un atelier psycho-social dans chacun des trois bras expérimentaux ciblant respectivement les normes sociales, l’identité de consommateur et la motivation à consommer, des facteurs clés du BD.
L’étude comprend 182 participant.es (âge moyen 20.20 ans (±2.35); 2/3 de femmes; début des consommations: 15.50 ans (±1.84); BEARNI (22.19 ±3.25); BD (17.30 ±13.41); AUDIT (6.96 ±6.22); craving (0.33 ±1.25)). Des analyses en GLM (General Linear Model) n’ont pas montré d’effet significatif de l’intervention seule sur les scores d’évolution du BD (p=.217), de consommation hebdomadaire (p=.701), de craving (p=.851). Il apparait en revanche une interaction entre l’intervention et le sexe (p=.010 ; η² =.039) sur le BD. Les femmes ont en moyenne -7.30 points (±13.70) sur leur score de BD en condition «motivation» contre -1.27 (±12.70) en condition contrôle tandis que l’on observe le pattern inverse pour les hommes avec 7.03 points (±17.60) supplémentaires en condition «motivation» contre -4.38 points (±11.00) en condition contrôle. Un pattern similaire apparait tendanciellement (p=.070) pour la condition «identité» sur la consommation hebdomadaire. Enfin, sans pour autant modifier les indicateurs comportementaux, la condition «norme» génère une diminution des normes à consommer (−.327 ±.66) par comparaison à la condition contrôle (0.072 ±.93; p <.05).
Ces données prometteuses pour la prévention chez les femmes et délétères chez les hommes suggèrent un effet genré «inversé» des interventions.
