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Maxime Mauduy

« Rôle des normes sociales dans la production et compréhension de l’effet d’hypocrisie induite. Application à la prévention des discriminations » par Maxime Mauduy

  • Post last modified:6 janvier 2022
  • Post category:Thèse en cours

Projet de thèse en psychologie, sous la direction de Cécile Sénémeaud (PR, LPCN, université de Caen Normandie · UNICAEN), Daniel Priolo (MC HDR, UPVM, université de Montpellier 3) et Nicolas Margas (MC, PHASE, ISSUL, université de Lausanne). Thèse en préparation à l’université de Caen Normandie, dans le cadre de l’École doctorale “Homme, sociétés, risques, territoire” (Rouen), en partenariat avec le Laboratoire de psychologie de Caen Normandie (équipe de recherche) depuis le 01-10-2018.

Résumé

L’hypocrisie induite est un paradigme de dissonance cognitive efficace dans la promotion des comportements socialement souhaitables. Il s’agit d’une procédure en deux phases dans laquelle les personnes défendent un comportement prosocial (i.e. phase de saillance normative) puis se remémorent leurs propres échecs passés à le réaliser (i.e. phase de saillance des transgressions). Cette inconsistance produit un état de dissonance cognitive que les personnes réduisent par l’adoption – ou l’intention d’adopter – le comportement précédemment défendu. L’explication la plus ancienne et consensuelle de l’effet d’hypocrisie admet qu’il serait produit par le besoin de restaurer une image positive de soi menacée par la phase de saillance des transgressions.

Le rôle modérateur de cette phase a alors été largement étudié au détriment de celui de la phase de saillance normative. Pourtant, des explications théoriques plus récentes envisagent l’implication des normes sociales dans l’inconsistance sous-jacente à l’effet d’hypocrisie. Il s’expliquerait par l’écart perçu entre une norme sociale et un comportement transgressif, tel que plus l’écart perçu est élevé, plus l’effet d’hypocrisie serait fort.

Cependant, il n’y a pas de preuve empirique à ce jour soutenant directement cette hypothèse. L’objectif de ce travail de thèse est de montrer puis de comprendre le rôle modérateur des normes sociales dans la production de l’effet d’hypocrisie. Dans la mesure où l’affiliation est un besoin psychologique fondamental et constitue la motivation sous-jacente de l’influence normative, nous soutenons que le renforcement des normes sociales dans la procédure d’hypocrisie conduit à une plus grande adoption de comportements conformes à la norme en raison d’une motivation à l’affiliation renforcée.

Une méta-analyse de 37 études et neuf expériences, menées dans le domaine de la prévention des discriminations, ont été réalisées afin d’éprouver cette thèse. La méta-analyse et les quatre premières expériences mettent en évidence le rôle modérateur du degré de saillance de la norme sociale sur l’ampleur de l’effet d’hypocrisie. Les deux expériences suivantes identifient le rôle médiateur de la perception d’un écart à la norme sociale en situation d’hypocrisie puis les conséquences de cette déviance sur le sentiment d’affiliation. Enfin, les trois dernières expériences montrent que la motivation d’affiliation médiatise l’effet de l’hypocrisie sur l’intention d’adopter un comportement conforme à la norme. Ces résultats sont discutés en référence i) à une modélisation de l’effet d’hypocrisie considérant le rôle du soi, ii) l’intérêt de considérer les besoins psychologiques fondamentaux dans les processus de dissonance et iii) aux applications pratiques de l’hypocrisie induite dans l’obtention du changement comportemental.

Mots clés

Paradigme de l’hypocrisie induite, normes sociales, écart à la norme, besoin d’affiliation, discrimination, dissonance cognitive